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REPÈRES HISTORIQUES

Il faut imaginer l’hiver québécois d’avant l’industrialisation : le travail extérieur se fait rare, les maisonnées ont besoin de mobilier, d’ornements, de jouets pour les enfants. Dans ce temps suspendu, des mains se mettent à tailler le bois, sans école, sans maître, sans autre ambition que le plaisir du geste. C’est de là que naît l’art populaire québécois.

Reconnaissance de l'art populaire

Pendant longtemps, ce geste reste invisible aux yeux des institutions. Puis, entre les deux guerres, quelque chose bouge. Le Québec cherche à se définir, et se tourne vers ses propres racines.

En 1937, le gouvernement confie à Jean-Marie Gauvreau une grande enquête sur les savoir-faire traditionnels. La sculpture populaire y trouve enfin sa place. À la même époque, à Saint-Jean-Port-Joli, les frères Bourgault font d’un atelier familial une véritable école: l’un se consacre au sculptural religieux, les deux autres, aux scènes du terroir. Une relève s’y forme.

1974, le point de bascule

Il faudra pourtant attendre 1974 pour qu’un vrai basculement s’opère. Le livre Les Patenteux du Québec, change le regard porté sur ces créateurs : on cesse d’y voir du folklore pour y reconnaître une expression individuelle, inventive, à part entière. Le gosseux, le patenteux, cessent d’être une curiosité régionale — ils deviennent des artistes.


 

2000, la visibilité des artistes


C’est dans cette filiation qu’Adrien Levasseur s’inscrit à partir des années 2000 : non pas comme historien de l’art populaire, mais comme celui qui est allé frapper aux portes, écouter les histoires, photographier les ateliers de sous-sol et de garage et donner à ce mouvement, une visibilité qu’il n’avait jamais eue.


Ses propres livres figurent aujourd’hui parmi les références citées par le Répertoire du patrimoine culturel du Québec — aux côtés des pionniers qui l’ont précédé.

Et aujourd’hui ?

L’art populaire continue de se réinventer — dans une ère davantage numérique. La même énergie créatrice qui animait les "gosseux" d’hier trouve simplement de nouveaux visages et de nouveaux médias pour faire découvrir et redécouvrir les oeuvres.

 

Les grands événements qui ont influencé l'art populaire